5 Juin 2017

Vintage : Honda NSX, trois lettres pour un mythe

 

Honda a e ressuscité un mythe automobile. Plus de 10 ans après sa disparition, plus de 25 ans après son apparition, la NSX a fait son retour. Bien plus qu’une supercar ! Aujourd’hui comme hier, c’est une vitrine technologique du meilleur du savoir-faire des ingénieurs de chez Honda.

Grâce à ses deux moteurs électriques de 37 ch situés chacun à l'avant, la nouvelle NSX se mue en traction intégrale lorsque le besoin s'en fait sentir. Au total, sa puissance se monte à 581 ch si on cumule celles des 3 moteurs électriques.

Grâce à ses deux moteurs électriques de 37 ch situés chacun à l’avant, la nouvelle NSX se mue en traction intégrale lorsque le besoin s’en fait sentir. Au total, sa puissance se monte à 581 ch si on cumule celles des 3 moteurs électriques.

581 chevaux, transmission intégrable modulable, 4 moteurs dont un V6 thermique bi-turbo de 3,5 l et trois électriques, fibre de carbone, aérodynamique unique, fond plat, boîte à 9 rapports, 307 km/h voici en quelques mots bruts la physionomie de l’époustouflante Honda NSX cru 2016.

Aucune voiture au monde n’offre une technologie aussi sophistiquée et prouve que ce missile de la route est l’authentique descendante de son aînée, 25 ans plus tard. On pouvait en dire autant de la première NSX. Lorsqu’elle a vu le jour en 1990, elle a semé l’émoi dans la petite famille fermée des sportives alors réservée à Porsche, Ferrari, Lotus et autres Lamborghini.

Raisonnablement irraisonnable !

C’était la première voiture au monde (99% en alu) à offrir un châssis monocoque en alliage léger (240 kilos) comprenant des suspensions à double triangulation (sur rotules) dignes des meilleurs Formule 1 de l’époque. Il accueillait un moteur central transversal habillé d’une carrosserie faisant songer au fuselage d’un avion de chasse. Que la NSX ait été passée longuement en soufflerie (Cx de 0,31) n’était pas le plus exceptionnel. Que son aérodynamique soit aussi discrète en pleine mode des ailerons spectaculaires style Sierra Cosworth l’était. Avec son avant hyper-court générant une portance quasi nulle lié à un interminable arrière digne des prototypes des 24 Heures du  Mans engendrant une forte déportance, sa ligne d’une stupéfiante fluidité était belle à couper le souffle.

A l’époque, les sportives étaient des voitures disons… Radicales, où les performances passaient avant le confort. Pas la NSX, dont l’habitacle, véritable cellule d’avion, avait été étudié pour offrir un maximum d’aisance à ses deux passagers.

Deux générations de NSX permettent de mieux situer l'évolution stylistique.

Deux générations de NSX permettent de mieux situer l’évolution stylistique.

C’est seulement 18 mois après sa présentation qu’elle fit enfin ses début en France proposée au prix de 480 000 francs qui la mettait en concurrence avec une Lotus Esprit 2,2 l, une Porsche Carrera 2 ou une Venturi. Qu’on se le dise, la Honda avait une génération d’avance sur ces voitures en matière de tenue de route, d’efficacité et de confort, et évidemment de qualité de fabrication.

Une usine était spécialement dédiée pour que ses 226 employés, choisis parmi les meilleurs, puissent assembler chaque voiture à la main. Seule la nouvelle Ferrari 348 pouvait lui être comparée au plan des performances mais à un prix théorique supérieur de 40 % avec le lot de défauts et qualités qui caractérisaient les voitures au cheval cabré de l’époque.

Tous les essayeurs furent enthousiasmés par sa vitesse de pointe (270 km/h), ses accélérations (25 s aux 1000 m), étonnés par son confort et sidérés par sa fantastique tenue de route. Grace à son empattement hyper long (2,53 m), son excellent rapport des masses (43/57), elle était formidablement sécurisante ce qui n’excluait pas un réel plaisir de pilotage.

On regretta aussi que de telles qualités dynamiques n’exploitent pas une mécanique plus généreuse. Pourtant, la NSX n’était pas sous-motorisée. Son V6 3 litres à 90 degrés atmosphérique dérivé de celui de la berline Legend se caractérisant par sa distribution variable (VTEC) ce qui était très rare il y a 25 ans, délivrait tout de même 274 chevaux à 8000 tr/mn dans une symphonie magique.

Bluffante !

La NSX fut dévoilée au salon de Chicago en 1989. Elle ne fut livrée en France que 16 mois plus tard .

La NSX fut dévoilée au salon de Chicago en 1989. Elle ne fut livrée en France que 16 mois plus tard .

J’ai eu la chance d’essayer une NSX prêtée par un concessionnaire Honda en 1992. Je me souviens avoir été impressionné par son interminable poupe digne d’un prototype manceau et, de ce fait, m’attendais à maîtriser une voiture très survireuse. Erreur fatale ! Avec son moteur 6 cylindres bien recentré vers l’habitacle, sa tenue de route très équilibrée me bluffa. Il faut préciser qu’elle disposait déjà d’un anti-patinage (déconnectable) ce qui n’était pas banal au début des années 90.

La sonorité de son V6 qui miaulait comme un chat en rut dès 5500 tr/mn m’enthousiasma. J’avoue que je fus un peu déçu par sa planche de bord ressemblant trop, à mon gré à celle d’une voiture de tourisme. J’aurai aimé une multitude de petits cadrans ronds partout. D’ailleurs, j’adressais les mêmes critiques à la géniale CRX. Et chez le constructeur, on me répondait invariablement que la qualité des mécaniques Honda permettait de supprimer un grand nombre de ces cadrans de contrôle devenus inutiles.

Dès sa présentation, la NSX rencontra un bel accueil au Japon et surtout aux USA puisque toute la production de 1991 fut vendue avant sa mise en production. Ce ne fut pas le cas en Europe encore ancrée dans des habitudes conservatrices quant aux noms d’une sportive. Néanmoins, pour répondre aux passionnés souhaitant une voiture au comportement plus agressif, Honda proposa une version R plus radicale allégée de plus de 120 kilos avec un étagement plus sportif des 5 rapports de sa boîte de vitesses.

Moteur 3,2 l et boîte à 6 rapports !

La NSX était tant en avance sur son temps, voici pourquoi Honda attendit 5 ans,

En 1995, la cylindrée du V6 C32B grimpe à 3,2 l et 294 chevaux liée à une boîte à 6 rapports.

En 1995, la cylindrée du V6 C32B grimpe à 3,2 l et 294 chevaux liée à une boîte à 6 rapports.

pour la faire évoluer. Son moteur désormais poussée à 3,2 l, développa 20 chevaux supplémentaires, soit 294, tandis qu’elle héritait d’une boîte à 6 rapports et de jantes plus grandes. On notait également l’apparition d’une version Targa NSX-T attendue depuis longtemps.

Encore 5 ans passèrent avant que la 3eme série voit le jour. Elle se distinguait esthétiquement par une carrosserie légèrement redessinée se caractérisant surtout par des phares désormais fixes et un arrière modifiée permettant d’améliorer son CX. Elle était mieux posée sur des roues plus grandes, portées à 17 pouces. Elle donna le jour à des séries limitées comme la S et la R et la R-GT, chant de cygne de ce modèle équipé d’un impressionnant kit carrosserie.

Après presque 19 000 exemplaires produits en prés de 15 ans, Honda décida d’arrêter la NSX en 2005.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la NSX s’est taillée un jolie palmarès en compétition en participant plusieurs fois aux 24 heures du Mans se soldant notamment par une excellente 8eme place au classement scratch en 1995.

Vivre sans NSX était insupportable pour tous les fans de cette voiture réunis autour de nombreux clubs dans chaque pays. Honda dévoila plusieurs fois des concept-cars symbolisant une nouvelle NSX mais qui restèrent au stade de voiture de salon. Pour calmer les attentes, la firme japonaise annonça qu’elle travaillait sur une sportive de haut niveau dans l’esprit de cette voiture mythique mais que la conjoncture alors peu favorable aux supercars qui avaient fait florès dans les années 90, repoussa le projet. C’est finalement en 2012, que le concept-car préfigurant une future NSX (sous le nom d’Acura) fut dévoilé. Une voiture très proche de la véritable NSX dévoilée enfin au salon de Genève 2015. L’histoire de la NSX est de nouveau en marche !

Photos NSX :

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